ORSO

artiste insulaire

minimal KLÔROS












Je souhaite m'éloigner de l'aspect performatif de certaines pratiques artistiques que j'ai utilisé par le passé, qui plaçaient parfois la forme avant le fond. C'est pourquoi la voie que j'emprunte est minimaliste. J'espère par ce travail évoquer la beauté des choses simples, comme l'image d'une graine qui germe ou l'étrangeté d'un effet de lumière sur des matières translucides et minérales. 



Ce titre "Minimal KLÔROS” que l'on peut traduire littéralement comme "minimum de vert" ou "minimum de chlorophylle" vient contraster la légèreté et la poésie de l'ensemble de l'oeuvre, en illustrant au contraire, l'impact maximisé de l'activité humaine sur le vivant.



équilibre : Terme de mécanique. État d'un corps sollicité par deux ou un plus grand nombre de forces qui s'entre-détruisent, ou qui s'annulent sur une résistance.

Libre dans l'égalité, voilà ce qui apparaît dans ce mot qui nous évoque ce lieu imaginé où nous aimerions nous trouver. Comme une cinquième saison dont on renaît à l'état pure, l'endroit unique, caché des convoitises comme si l'éternité s'y trouvait.

Cet insensé désir nous fait-il fantasmer?

Nous rend-t-il bigleux à ce point? N'est-il point en toutes choses ?


Trêve d'abstractions!
L'égalité libre est-elle l'équilibre des hommes?
Comment cette égalité ne pourrait-être libre?
Il ne peut en être
autrement.

 

Ses pieds de tomates pris au petit matin, nous montrent leur habilité à capter la lumière et nous révèlent que la nature est certainement l'oeuvre d'art ultime.

Le bambou qui ici travaillé pour offrir au pied un support dont la verticalité est adoucis par les courbes.




Il fallait tourner une page, un nécessité qui prend forme dans cette recherche purement esthétique. Je pourrais faire l’effort de trouver une explication profonde à cette série de photographies, le fait est qu’il s’agit encore et encore de cette obsession du geste pure, de la lumière simple et d’une plasticité épurée. Une réaction à cette profusion d’images qui saturent nos espaces visuels, nos écrans et nos esprits. Une forme de silence visuel, dans lequel deviennent perceptibles quelques bruissements laissant toute la place à la rêverie.




Durant ce temps de confinement, j’ai cessé de créer et je me suis posé de nombreux problèmes d’ordre nouveau.Oscillant de l'espoir au désespoir, de la sérénité à l’angoisse je conversais avec moi même cherchant des réponses qui pourraient me permettre d’apercevoir le début d’un chemin.Il m’est apparu, sous la forme d’un jardin qui aurait le pouvoir de me nourrir, je me rendais compte qu’un jardin nécessitait une action créatrice, celle ci très proche de la création d’une oeuvre globale.




Mes pensées enchevêtrées m’ont permis de tisser une solide base de réflexion sur laquelle je décidais de m’appuyer, j’ai pris des décisions quand à certaines de mes actions et me suis éloigné des activités chronophages qui n’ont pour seul but de combler le vide. L’apprentissage est devenu une priorité, même si je l’ai toujours favorisé, il n’y avait pas suffisamment d’espace temps pour pouvoir le pousser plus loin. En l’associant avec l’expérimentation je suis parvenue à ce que j’appel un état méditatif, il s’agit en fait d’un moment où la notion du temps s'estompe et la fatigue ne s’exprime pas. Dans cet état tout est possible, tout se construit paisiblement sans enjeux. C’est ainsi que je commençait une vannerie du début à la fin, j’ai préparé mes lames de bambou et je les ai croisé jusqu’à obtenir un demi oeuf, il me fallait continuer, ce que j’ai fait sans savoir où cela me mènerait.

Ce n’est que plus tard que j’ai compris le sujet de cette tornade, elle cristallise mes pensées enchevêtrées.









Cosmos//


Tout est dans le titre, le reste de l’explication ne fait qu’enlever le plaisir de parcourir soit même cette image fantasmé du cosmos. Ce que je peux dire en définitif, c’est qu’il s’agit là d’une réelle collaboration entre les lois de la physique et ma main qui cherche à créer entre toute les tensions, une harmonie. C’est en quelque sorte une équation intuitive et c’est de ça dont j’ai envie de parler. L’intuition ou plutôt la manière dont ce que l’on apprend de manière intuitive ressurgit, si tant est que l’on est une activité qui le permette. Dans mon cas, je le vérifie à moulte reprises, il me semble que l’action de tisser cette toile ne fait aucunement appelle à ma réflexion sur le moment, mais belle est bien à l’apprentissage du geste par la répétition, ainsi sans s’en rendre compte la main garde en mémoire la façon de faire, une fois cela acquis il est facile d’entrer dans une forme de méditation car il est primordial de se détacher de son corps et du temps pour pouvoir aboutir l’oeuvre filaire, au risque de se perdre encore une fois.


TÊKHNÉ selon Platon, est l’idée créatrice, de la réflexion au faire. Ce faire qui prend souvent ses distances avec les plans que nous avons échafaudé et est finalement nourrit pleinement par cette pensée aboutie. Cependant il arrive que cela se fasse en simultané, l’expérimentation dirigée par le désir de comprendre fait naître une réflexion, à son tour cette réflexion fait naître, dans l’expérimentation de nouvelles directions et ainsi de suite, jusqu’à un résultat figé, à moins qu’il soit complété par d’autre expérimentation à venir et dans ce cas, lui permet d’être dans une constante évolution.







Minimal KLÔROS est un projet plastique et photographique où il est question d'épure. Celle-ci vient symboliser le geste de l'artiste, de l'artisan, du paysan et des causalités qu'il engendre. Sont-elles importantes ou insignifiantes? Une réponse claire ne se trouve pas ici, cependant une piste est esquissée par l'esthétique minimaliste portée par des photographies monochromes et des sculptures, dont le sujet ne laisse aucun doute, quand au lien profond tissé avec le vivant. Les problématiques abordées dans cette oeuvre restent ouvertes à l'interprétation de chacun. Minimal KLOROS se veut comme une nourriture intuitive, faisant appel à nos ressentis avant tout.



Le geste plastique trouve sa source dans l'artisanat, la nature et ses matériaux, que j'associe parfois à un matériel manufacturé, désireux de
créer une résonance entre ces éléments. En parallèle une partie de la création est réalisée au coeur d'un jardin potager, dans lequel installations plastiques et végétaux sont mis en scène et photographiés avec la même intention esthétique minimaliste. 


Je sais qu'il est possible de le trouver en plusieurs points, certes fugace, il demeure éphémère si il n'est pas remis en question continuellement.

Il fait partie de cette nature mouvante, se construisant sur elle même sans jamais s'arrêter, impossible à figer dans l'instant réel.





Ce symbole qu’est la graine suffit en soit, tout autre explication semble accessoire. Pourtant cette graine que nos yeux ont peine à détailler, portent en elles la mémoir. Combien de saison pour forger une graine, combien de sol se sont usé pour offrir au futur une semence fertile? La graine aussi grande qu’un grain de sable dispose du savoir qui lui permettra de germer, elle attendra que la terre soit chaude et porte en elle la vie. Avant même de se métamorphoser, elle est autant que ce qu’elle sera. Elle est MA, elle est au monde et met au monde, elle est le fruit d’une étroite collaboration du vivant avec le vivant, elle est à la source du soleil, du cosmos tout entier. Elle est le commencement, elle est le symbol...





“Une photographie abstraite, est toujours, quoi qu’il en soit un moment du réel”

Cette phrase de Lee Ufan, m’est apparue comme une vérité à la fois simple et profonde.

Cette idée qu’un instant du réel puisse être abstraction, m’a permis de prendre conscience que ma réalité est peuplée d’une multitude de mondes abstraits, me permettant de nourrir mon univers de détails désormais visibles. 
Peu de chose on survécu à la tornade, les restes des projets pré-covid me sont apparus vides de sens, même si certain principe récurrent persiste dans mes travaux actuels.


Pour Anarchitekt c’est différent car le propos qu’elle véhicule est pour moi capital. La forme faisant référence aux toiles d’araignées de manière quasi littérale, me permet d’ouvrir une médiation là où on ne l’attend pas. Je veux parler de l’architecture, de la forme géométrique que l’on retrouve dans les toiles d’araigné que l’on peut observer dans le maquis. Cette observation qui fut celle de Iannis Xenakis, qui a appliqué de la manière la plus précise dans son travail d’architecte et de compositeur l'hyperboloïde. En intégrant dans son oeuvre ce que la nature est capable de produire en s’aidant des sciences,  plus particulièrement des mathématiques. Il avait pour idée de modifier la structure mentale de l’humain. Formulé ainsi, cela semble prétentieux, voir dangereux, mais j’en fait une interprétation plus modérée. Il me semble qu’en intégrant des modèles mathématiques issus de la nature et de ses éléments, Iannis Xenakis est parvenu à connecter, voir à reconnecter nos ressentis à la nature et donc au “tout” duquel nous sommes sortie. Cela ne s’est pas fait à l’échelle de la planète, mais plus certainement sur une poignée d’individus, la cause de cela peut-être dû au fait que la culture est aujourd’hui très fortement tirée par le bas. Une visiteuse a émit l’hypothèse que si aujourd’hui Xenakis n’était pas connu du grand publique c’est à cause de cela, toute chose qui aurait le potentiel de nous rendre plus intelligent n’est pas médiatisée. Il y a certainement quelque chose de vrai, mais je ne pense pas qu’il ne s’agisse que de cela.





C’est un peu prêt ce qu’il s’est passé lorsque j’ai réalisé les “créatures”, elles sont à la fois terminée et constituent les éléments d’une oeuvre globale en constante évolution.