ORSO

artiste insulaire

Dans la citadelle d’Ajaccio pour une oeuvre land-art intitulée “M” ++++

M”

Comme un écho de la citadelle, racine de ma ville, MÂ crée dans cette espace surplombé par le regard, une tension, un équilibre et un instant de contemplation.

Pensée en amont pour les journées du patrimoine, MÂ, dont le but initial était de juxtaposer le matrimoine au patrimoine, a évolué. Ainsi, ma pensée créatrice s'est nourrie des instants de travail dans l’enceinte de la citadelle, m’offrant de nouveaux angles, de nouvelles symboliques, de nouvelles résonances entre passé tumultueux, présent fragilisé et futur à construire. J'attendais alors la rencontre avec le public pour en discuter, pour échanger sur nos ressentis et savoir quel sens “M” a pour chacun, pour vous!
Il en sera autrement…
… crise sanitaire oblige.

Malgré cette absence de rencontre, je souhaite vous inviter à contempler ce travail, grâce auquel j'espère vous faire parvenir les silences que j'ai pu savourer dans la quiétude de ce lieu, les chants des oiseaux mêlés à la musique du vent dans les allées désertes , les murmures de la ville perdus dans le bruissement des feuilles et cette sensation d'être au point de départ d'une nouvelle histoire.










Installation “Particules”







Matrimonial / mater    Patrimonial / pater
Le Dictionnaire étymologique latin explique :
On explique ordinairement *pa-tar ou *pi-tar « père » comme le protecteur, d'une racine *pe- « protéger », et *ma-tar « mère » comme la créatrice, d'une racine *ma- « mettre au monde ».




Pour les journées du patrimoine j’ai la volonté de créer en ce lieu qu’est la citadelle d’Ajaccio une oeuvre qui juxtapose le matrimoine au patrimoine.

J’imagine une installation dans les douves à la vue des passants qui longent les remparts de la bâtisse, là suspendue au dessus du sol verdoyant, un oeuf scindé en deux, les coquilles, de part et d’autre de l’espace sont reliées par de long fils tendus, dans ces fils un tissage blanc rappelant une toile d’araignée dans lequel est retenu un cube. À la base de ce cube une racine s’étire vers le sol sans l’atteindre.




Chargée en symbole, “M” est une oeuvre land-art construite entièrement en matériaux naturels.L’utilisation du bambou qui est à la fois flexible, léger et solide, permet de créer une vannerie symbolisant la force de la nature. De part la technique employée,  je veux évoquer, entre autre, la disparition de cet artisanat. Les fils de lin, qu’ils soient blanchis ou naturels, sont linéaires lorsqu’ils relient les deux demis sphères (coquilles) et forment un réseau autour du cube. Je veux utiliser la symbolique de ce textile, qui est le plus vieux du monde, on trouve sa trace il y a 36 000 ans,  dans l’egypte ancienne il est l’ultime vêtement de l’éternité, les phéniciens l’ont introduit en Grèce ainsi qu’en Italie, son histoire traverse les âges. Il est ici représentant de l’histoire et du lien entre les formes, ovoïde et cubique. La forme de l’oeuf représente selon de nombreuses cosmogonies le renouveau, la naissance de l’univers, le parfait équilibre, mais surtout, la matrice. Il est “M”. Scindé en deux pour mieux montrer ce qu’il englobe, dans une dynamique aérienne qui nous ramène au bigbang, il montre en son coeur le cube, qui est, selon Platon le symbole de la Terre.

Ne manque que celui de l’homme, usuellement un arbre. Nous n’en verrons  que la racine, cette racine dans laquelle se trouve nos origines et notre patrimoine, créée par la “mère” tel un “Tout”. Un “Tout” qui est contenu dans “M”.










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